Résumé des communications

AFIOUNI Nada, La place de l’Autre dans les paysages funéraires français et britannique
Université du Havre, Faculté des Affaires internationales (France)
La place de l’Autre dans les paysages funéraires français et britannique

Pour les populations immigrées, les cimetières sont le lieu de négociation ultime avec les lois du pays d’accueil et ses spécificités culturelles. Cette présentation se propose d’analyser la gestion du pluralisme religieux, dans les cimetières français et britanniques. Elle précisera le cadre législatif funéraire dans les deux pays et analysera, à l’aune du pluralisme religieux qui caractérise ces deux sociétés, les réponses, voire parfois l’absence de réponse, des autorités publiques compétentes.

Nada Afiouni est maître de conférences en civilisation britannique contemporaine, membre du Groupe de Recherche Identités et Cultures (GRIC) dont elle coordonne l’axe Héritages, Métissages et Diversités. Elle a publié en 2014 le chapitre “ The Death of Muslim Immigrant in Britain and France “ dans l’ouvrage intitulé The Politics of Ethnic Diversity in the British Isles, dirigé par R. Garbaye et P. Schnapper (Basingstoke : Palgrave-Macmillan) et un autre chapitre « Le marché funéraire en Grande-Bretagne : entre individualisme, multiculturalisme et syncrétisme », dans Questions ethniques dans l’aire anglophone, dirigé par M. Prum. Nada Afiouni est la seule dans sa discipline à aborder la thématique de la mort et des terrains confessionnels en contexte migratoire et spécifiquement des enjeux de droits, politiques et culturels.

BALKAN Osman, Death on the Move : Repatriation, Burial, and the Politics of Belonging among Muslims in Germany
Swarthmore College, Sciences politiques (États-Unis)
Death on the Move : Repatriation, Burial, and the Politics of Belonging among Muslims in Germany

This paper examines what happens to migrant bodies after they die. It demonstrates that the governance of the dead is intimately linked to the construction of the nation and the enactment of sovereignty. Through a comparative study of the mortuary practices of ethno-religious minorities in Germany, it highlights the ways that death structures political membership and identity. By tracing the actors, networks, and institutions that determine the movement of dead bodies within and across international borders, it analyzes how relations between authority, territory, and populations are managed at a transnational level. Building on extensive fieldwork conducted in Berlin and Istanbul in 2013-2015, I show how the corpse functions as a political actor by structuring claims about citizenship, belonging, and collective identity. In contexts where the boundaries of the nation and its demos are contested, burial decisions are political decisions. While burial in Germany offers a symbolically powerful means for migrants and their children to assert political membership and foster a sense of belonging, the widespread practice of posthumous repatriation illustrates the continued importance of transnational ties and serves as an indictment of an exclusionary socio-political order. In both situations, the corpse is central to localizing and grounding political claims for recognition and inclusion.

Osman Balkan est visiting assistant professor au département de sciences politiques au Swarthmore College. Il a obtenu son B.A. de Reed College (2005) et son doctorat à l’Université de Pennsylvanie (2016). Ses intérêts de recherche portent sur la politique de migration, transnationalisme et diasporas, l’Islam en Europe, la race et l’origine ethnique, et nécropolitique.

BELKHODJA Chedly et SARENAC Javorka Zivanovic, Savoir faire sa place dans la mort? Processus et récits de musulmans devant l’enjeu de la mort
Université Concordia, École des affaires publiques et communautaires
Savoir faire sa place dans la mort? Processus et récits de musulmans devant l’enjeu de la mort

Cette communication propose de comprendre le processus entourant le moment du décès, principalement le choix du lieu d’enterrement, soit le rapatriement du corps dans le pays d’origine ou l’inhumation sur place en terre d’immigration. La question du lieu de sépulture peut être un « dilemme déchirant entre l’installation temporaire et/ou définitive dans le pays d’accueil » (Attias Donfut et Wolff, 2005). Notre recherche s’appuie sur des cas dans des contextes de plus faible immigration, soit les municipalités Sherbrooke au Québec, et Moncton au Nouveau-Brunswick et London, en Ontario. Ces villes représentent de nouvelles destinations pour l’immigration au Québec et au Canada (Belkhodja et Laaroussi, 2012, Esses, 2010). Dans les trois cas, nous cherchons à distinguer la façon dont se gère la mort et voulons comparer les mécanismes et les pratiques disponibles pour accompagner les familles endeuillées dans le processus à suivre après la mort du proche. Nous souhaitons entendre la voix des musulmans et musulmanes devant l’épreuve de la mort en terre d’immigration. Comment vivent-ils ce moment ? Comment agissent-ils ? Comment se prend le choix du lieu de l’enterrement ? Ces récits permettront de produire une recherche originale sur le sentiment d’intégration et d’appartenance.

Chedly Belkhodja est professeur et directeur de l’École des affaires publiques et communautaires à l’Université Concordia. Ses recherches portent sur les questions de l’immigration dans les villes de taille moyenne et dans les régions de faible immigration et des discours et représentations de la diversité culturelle, religieuse et ethnique. Il mène également une réflexion sur le phénomène du populisme et des nouvelles idéologies de la droite. En parallèle à ses recherches, il a réalisé deux films produits par l’Office national du film du Canada, soit Tableaux d’un voyage imaginaire en 2001 avec le cinéaste Jean Chabot et Au bout du fil en 2006.

BERTHOD Marc-Antoine, Morts en transit, corps dispersés et deuils sans frontières
Haute École Specialisée de Suisse occidentale, Haute école de travail social (HETS – IES) (Suisse)
Morts en transit, corps dispersés et deuils sans frontières

Lorsque la mort survient, l’attention se focalise souvent sur la façon dont les collectivités fixent le devenir du cadavre. Il est plus rare de s’intéresser au caractère mobile des morts, non seulement lorsqu’ils vont de leur lieu de décès à leur lieu de sépulture, mais aussi lorsqu’ils transitent d’un pays à un autre, lorsqu’ils sont exposés dans divers lieux publics, dispersés dans la nature ou véhiculés en différents endroits par les familles. Basée en partie sur une recherche empirique menée auprès de familles migrantes ayant rapatrié un proche défunt, cette présentation apporte quelques éclairages sur les formes que revêt la mobilité des dépouilles, sur de brèves et de longues temporalités, et souhaite ainsi mettre en perspective certaines conceptions de la mort et du deuil.

Marc-Antoine Berthod est professeur et responsable de l’Institut de recherche Santé et Social de la Haute École Spécialisée de Suisse Occidentale. Docteur en anthropologie, il réalise ses recherches dans les domaines de la thanatologie, de la migration, des rituels et des croyances. Ces croisements inédits contribueront à l’avancée des connaissances sur la thématique des mobilités et de la mort. Le déplacement des dépouilles fait aussi partie de ses intérêts : aux États-Unis, il a mené une recherche de terrain sur les rapatriements posthumes des migrants portoricains installés aux États-Unis et sur les enjeux identitaires que ces rapatriements soulèvent au sein de cette communauté. Il conduit actuellement une recherche sur les situations de deuil au travail et sur les risques de prises en charge médicalisées des employés endeuillés. Son chapitre sur les rites en thanatologie est paru fin 2015 dans l’ouvrage collectif : La fabrication des rites, dirigé par Cardita et Jeffrey.

BOUCHER Yannick, Quand la mort s’invite dans le projet migratoire. Sens, symboles et rites
Université de Montréal, Anthropologie (Canada)
Quand la mort s’invite dans le projet migratoire. Sens, symboles et rites

La mort musulmane en contexte d’immigration soulève de multiples questions qui alimentent depuis quelques années les recherches en sciences sociales : le choix du lieu de sépulture (Aggoun 2006; Chaïb 2000), l’aspect du maintien et de l’adaptation des rites (Burkhalter 2001), la mobilisation de réseaux transnationaux [entraides et rituels] (Gardner & Grillo 2002; Rachédi & al. 2010). Les familles vivant l’expérience de la mort en migration sont amenées à redonner du sens aux pratiques et aux rites, mais aussi à reformuler les règles de la « bonne mort » en tenant compte à la fois des sociétés d’origine et d’accueil (Gardner 1998). L’objectif de cette communication est de mieux comprendre les diverses significations que les personnes endeuillées de confessions musulmanes donnent à leur action, ainsi que les enjeux et les formes que prend leur action en contexte d’immigration.

Yannick Boucher est doctorant à l’Université de Montréal et s’intéresse à la religion, mais plus spécifiquement aux rites funéraires des musulmans au Canada. Sa thèse s’intitule « Mourir au Québec : Les pratiques funéraires musulmanes en contexte migratoire ». Il a ainsi participé activement à une journée de colloque organisée par Lilyane Rachédi et Béatrice Halsouet, en mai 2015, dans le cadre de l’ACFAS (Association francophone pour le savoir). Il nous fera part de l’articulation entre la mort, la religion (croyances et rites) et l’immigration dans les sociétés contemporaines. Sa réflexion sur le devenir post-mortem des migrants et la manière dont ils vivent un décès survenu en migration nourrira le Symposium.

BOURQUE Danièle, Soins spirituels, mort et diversité religieuse. Comment intervenir en soins spirituels ?
Université de Montréal, Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) (Canada)
Soins spirituels, mort et diversité religieuse. Comment intervenir en soins spirituels ?

Nous proposons un questionnement sur l’intervention spirituelle en contexte de pluralité culturelle et religieuse dans les institutions sociosanitaires du Québec, spécifiquement dans la ville de Montréal. D’une part, nous examinerons quels impacts peuvent avoir les diverses acceptions de la maladie et de la mort qu’ont les différentes affiliations religieuses sur l’évaluation, sur la planification et sur les interventions biomédicales et professionnelles en milieu de santé. D’autre part, à la lumière de l’évolution récente des soins spirituels, nous proposerons un type d’intervention non confessionnelle en soins spirituels capable de répondre aux besoins religieux et spirituels multiples dans les institutions de santé au Québec.

Danièle Bourque est post-doctorante en soins spirituels à l’Université de Montréal, dans le laboratoire CFRCSS (Centre de formation et de recherche cliniques en soins spirituels), du CHUM. Elle est affiliée au Centre d’étude des religions de l’Université de Montréal (CÉRUM) et a obtenu en 2008 un doctorat en sciences des religions à l’Université du Québec à Montréal. Au même titre que chercheure, sa fonction au CHUM est celle d’intervenante en soins spirituels. Sa contribution au Symposium s’inscrit spécifiquement à l’intersection des pratiques d’accompagnement, de la spiritualité, diversité et de la fin de vie.

BOUZNAH Serge, Quand les esprits viennent aux médecins
Babel, Centre de ressource européen, Hôpital Cochin, Clinique transculturelle (France)
Quand les esprits viennent aux médecins

Le sujet de cette communication a fait l’objet d’un ouvrage en collaboration avec C. Lewertowski, Quand les esprits viennent aux médecins (2014). Nous présenterons des témoignages de personnes malades, pour la plupart en fin de vie et les pratiques interculturelles que nous mettons en place pour les accompagner. Nous illustrerons alors comment le médecin, thérapeute, peut devenir passeur entre ses confrères et leurs patients, et aussi médiateur entre les connaissances techniques des uns et les savoirs cachés de l’autre.

Serge Bouznah est médecin de santé publique, spécialiste en clinique transculturelle. En 1988, il crée un des premiers services de médiateurs interculturels. Il coordonne le Diplôme Universitaire « Pratiques de médiation et de traduction en situation transculturelle » à l’université Paris Descartes. Directeur du Centre Babel, il est le promoteur d’un dispositif novateur de médiation dans les situations de pathologie et de fin de vie des patients migrants aux identités et langues multiples. C’est spécifiquement ce dispositif de médiation que Serge Bouznah présentera dans le cadre du bloc sur les services offerts pour enrichir les pistes d’intervention possibles.

GIRARDET BOUKHIRANE Khedidja, Entre ciel et terre, le deuil en suspens des personnes requérantes d’asile
Haute école de travail social et de la santé (EESP, Lausanne, Suisse)
Entre ciel et terre, le deuil en suspens des personnes requérantes d’asile

De par le statut que leur confère la loi suisse sur l’asile, les personnes requérantes d’asile ne peuvent rentrer dans leur pays d’origine, en cas de décès de l’un de leurs proches. Alors que les questions concernant la mort et le deuil chez les migrants suscitent de plus en plus des recherches, le vécu de ce groupe de personnes est peu abordé dans les travaux antérieurs. Dans le cadre de ma formation Master, je rencontre et interviewe des personnes dans ce cas de figure. Pour cette communication, nous rapportons les 1ers résultats de cette recherche qualitative en cours, réalisée autour du vécu du deuil par ces personnes lorsque la mort frappe un.e de leurs proches dans leur pays d’origine. Les premiers éléments recueillis font ressortir un sentiment d’impuissance, d’inachevé, d’état latent du deuil. Ces résultats préliminaires présagent de l’intérêt à porter sur la manière dont ce groupe spécifique vit le deuil en contexte de migration et les ressources qu’elles parviennent à mobiliser dans le contexte particulier d’invisibilité qui est le leur.

Khedidja Girardet Boukhirane est Maître d’enseignement Franco-Suisse, d’origine algérienne. Elle est également étudiante en Master en travail social à la Haute école de travail social et de la santé (EESP, Lausanne, Suisse), avec comme domaine d’intérêt « la mort et l’exil », après 17 ans d’activité professionnelle dans le domaine de l’éducation sociale.

HALSOUET Béatrice, Chez nous les morts ne sont jamais morts » : une vidéo comme outil de formation d’intervenants sociaux
Université du Québec à Montréal, Sciences des religions (Canada)
Chez nous les morts ne sont jamais morts » : une vidéo comme outil de formation d’intervenants sociaux

Dans le cadre d’une recherche en cours sur le deuil et de la migration et menée par Lilyane Rachédi (École de travail social, UQÀM), une courte séquence filmée a été produite comme outil pédagogique. Elle met en scène une travailleuse sociale qui rencontre trois personnes immigrantes d’une même famille dont l’une vient d’apprendre la perte de son père. Les endeuillés confient à l’intervenante leur désarroi, leur vécu douloureux de l’éloignement et leur responsabilité dans des pratiques rituelles essentielles dans leurs traditions filiales. Cette vidéo a été montrée à des enseignants en technique de travail social de différents cégeps québécois. Leurs réactions et commentaires seront la base de cette présentation autour de la question principale : comment l’intervention sociale peut-elle accompagner des personnes immigrantes endeuillées ?

Béatrice Halsouet est docteure en sciences des religions de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM). Son doctorat (2015) s’est intéressé à des jeunes migrantes de première génération et à leur socialisation complexe entre famille de tradition hindoue, école régionale québécoise, réseaux transnationaux et organisme communautaire. Elle est coordinatrice à la recherche du Centre de recherche et d’études sur l’Inde, l’Asie du sud et sa diaspora (CERIAS) et de la recherche CRSH sur le deuil des immigrants menée par Lilyane Rachédi (2013-2016). Collaboratrice du présent projet, elle se fondera sur la connaissance des pratiques rituelles funéraires de chrétiens, musulmans et hindous développée dans cette recherche interdisciplinaire (Sciences des religions, Santé, Travail social) pour apporter une réflexion sur la formation des intervenants sociaux en la matière.

KALANGA WA TSHISEKEDI Marie-Rosaire, Deuils, rituels et morts des Congolais de Montréal : petits arrangements avec l'invisible
Psychologue, clinique privée
Deuils, rituels et morts des Congolais de Montréal : petits arrangements avec l’invisible

Mourir à l’étranger loin des siens est la consécration d’un voyage sans retour au pays de ses ancêtres pour plusieurs Congolais. La mort engage les vivants dans l’accomplissement du rituel qui accompagne le défunt, afin de conjurer l’angoisse de mort qui plane et afin de se prémunir d’une bonne conscience envers le monde invisible. Le rituel fait surgir l’ambivalence entre la tradition et la modernité.

Chargée d’encadrement à la Télé Université du Québec (Téluq). Travailleuse sociale professionnelle, elle a travaillé dans le réseau communautaire et dans le réseau de la santé. Psychologue en pratique privée, elle est membre de l’Ordre des psychologues du Québec (OPQ) et de l’Ordre des travailleurs sociaux et thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec (OTSTCFQ).

KOBELINSKY Carolina, Ethnographie des morts aux frontières de l’Europe
Laboratoire d’Ethnologie et de Sociologie Comparative, Centre national de la recherche scientifique (CNRS) (France)
Ethnographie des morts aux frontières de l’Europe

Cette présentation porte sur la mort des migrants aux frontières de l’Europe et interroge ainsi la violence des politiques européennes en matière d’immigration. À partir d’une démarche ethnographique, j’étudie la gestion des corps retrouvés aux frontières maritimes et terrestres au sud de l’Espagne. Il s’agit d’examiner les pratiques des institutions et des agents qui se mobilisent – officiellement ou de façon informelle – afin d’identifier les corps, de les rapatrier et/ou de leur rendre hommage.

Carolina Kobelinsky est chargée de recherche au CNRS. Elle a obtenu son doctorat en anthropologie à l’EHESS, en 2009, qui portait sur l’ethnographie du quotidien des demandeurs d’asile dans les centres de réception de France. Ses recherches se centrent sur les politiques d’asile et sur l’anthropologie juridique et politique. Elle a ainsi construit une connaissance pointue de la population des demandeurs d’asile et de leurs processus quotidiens et légaux, qui est parue sous le titre de L’accueil des demandeurs d’asile. Une ethnographie de l’attente, aux Éditions du Cygne (Paris), en 2010. Son expertise avérée apportera un autre regard sur les cadavres transfrontaliers et les stratégies des proches et des institutions pour identifier et reconnaître ces corps d’immigrants.

LABESCAT Gil, La mort suspendue. Analyse des réseaux dans les trajectoires du mourir
Université de Strasbourg (France), Université du Québec à Montréal et CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’île-de-Montréal, Sherpa. Recherche Immigration Société (Canada)
La mort suspendue. Analyse des réseaux dans les trajectoires du mourir

La mondialisation opère des changements dans une double direction complémentaire : à un niveau régional et à un niveau international, portés notamment par l’accroissement des migrations et le développement de l’usage des TIC. La trajectoire du mourir, soit la fin de vie, le décès et le deuil, est alors constituée d’une mise en relation entre un pays et un autre, telle une mort suspendue entre deux sociétés. Les pratiques rituelles, tout comme le travail de deuil, sont ainsi traversés par des caractéristiques de transformations locales et mondiales. Poursuivre les chaînes opératoires funéraires permet de porter son attention sur la mobilité des dépouilles ainsi que les actions inhérentes à la poursuite de la « bonne mort » par delà les situations d’absence du mort, selon les contextes locaux. Dans la continuité de nos travaux empiriques et théoriques sur les déclinaisons possibles des processus en œuvres dans l’action rituelle en France et au Québec, cette communication abordera principalement des réflexions sur l’analyse du phénomène de la mort enchâssée dans un réseau complexe de contextes diversifiés transnationaux.

Gil Labescat est chargé de cours et coordonnateur des formations en Interculturel au Centre de recherche Sherpa, Institut Universitaire au regard des communautés ethnoculturelles au CIUSSS de l’Ouest de l’île de Montréal. Docteur en socioanthropologie de l’Université de Strasbourg et de l’Université du Québec à Montréal, sa thèse propose une analyse relationnelle de l’action rituelle afin de saisir la complexité du processus rituel funéraire et ses transformations actuelles. Il réalise ses recherches dans les domaines de l’anthropothanatologie, de la santé, de la migration, des rituels et des croyances. Plus récemment, il a formé les intervenants d’Info-Social au phénomène de la Radicalisation et a coordonné le volet Canada du projet UNESCO « Internet, jeunes et radicalisation » en collaboration avec Ghayda Hassan et l’équipe clinique Transculturelle ERIT. Il travaille actuellement à la publication de sa thèse et dirige avec E. Grandbois-Bernard et M. Uhl le prochain numéro de la revue interdisciplinaire en Études sur la mort Frontières « Ruines urbaines. Mémoire, explorations, représentations ».

LAMBERT Nicolas, Hécatombe migratoire aux frontières de l’Europe : des cartes pour dénoncer
Réseau interdisciplinaire pour l’aménagement du territoire européen, Centre National de Recherche Scientifique (CNRS) (France)
Hécatombe migratoire aux frontières de l’Europe : des cartes pour dénoncer

En 20 ans, au moins 30 000 migrants sont morts ou portés disparus en essayant de rejoindre l’Union européenne. Depuis 2004, le réseau Migreurop s’attache à mettre en carte cette information. Au fil des mises à jour, une frontière mobile se dessine permettant d’appréhender la « géographie des morts » aux portes de l’Europe et son évolution. Mais au-delà de l’aspect strictement analytique, la carte ainsi dessinée devient un argument politique radical invitant à subvertir une frontière sur laquelle se fracassent des vies humaines.

Nicolas Lambert est Ingénieur de recherche CNRS. Il est cartographe au sein du réseau interdisciplinaire pour l’aménagement du territoire européen (CNRS). Impliqué dans le programme de recherche européen ESPON, ses travaux portent principalement sur la représentation graphique de l’information spatiale, activité dans laquelle il développe une dimension critique et radicale. Membre du réseau Migreurop et du comité français de cartographie, il a notamment participé à la réalisation de plusieurs ouvrages comme l’Atlas de l’Europe dans le monde (2008) ou l’Atlas des migrants en Europe (2009 et 2012). Il enseigne la cartographie à l’Université Paris-Diderot.

LE GALL Josiane, La mort d’un proche au pays d’origine: analyse des coûts émotifs liés à l’impossibilité d’assister aux obsèques
CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’île-de-Montréal, Sherpa. Recherche Immigration Société (Canada)
La mort d’un proche au pays d’origine: analyse des coûts émotifs liés à l’impossibilité d’assister aux obsèques

Le développement des technologies de la communication rend possible le maintien et la création de réseaux transnationaux. Les migrants sont donc constamment présents dans la vie de leurs proches, mais souvent virtuellement. L’apparente facilité à se déplacer à travers le monde et à établir des liens transnationaux peut conduire à sous-estimer les contraintes liées à l’espace, alors que ces liens apparaissent rarement comme un substitut à la coprésence physique, notamment en période de crise (Mason, 2004). Cette communication abordera l’expérience par les migrants du décès d’un proche au pays d’origine et examinera les obstacles rencontrés par ces personnes pour accompagner un proche en fin de vie ou pour assister à ses obsèques ainsi que les coûts émotifs associés à l’impossibilité d’être physiquement présent lors de tels évènements.

Josiane Le Gall, collaboratrice du présent projet est professeure associée au département d’anthropologie de l’Université de Montréal et chercheure au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Ouest-de-l’île-de-Montréal. Sa réflexion menée depuis plusieurs années sur les réseaux transnationaux permettra de contribuer avec pertinence au symposium en ce qui concerne les lieux possibles de la mort entre l’ici et l’ailleurs, entre le pays d’adoption et le ou autres les pays (d’origine, de transit et d’accueil d’autres membres de la famille). À noter que Le Gall était également co-chercheure de la recherche de Rachédi et al. (CRSH 2013-2016). Sa connaissance approfondie des communautés musulmanes présentes à Montréal sera également un apport important aux échanges qui auront lieu au sein de l’événement. Enfin, elle participera à la séance de travail pour tracer les orientations du réseau international de chercheurs sur les mobilités et la mort.

LEPAGE Louis, Partir à la rencontre des personnes immigrantes confrontées à la maladie grave et à la mort: quelques réflexions quant à l’intervention en soins palliatifs à domicile
CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal (Canada)
Partir à la rencontre des personnes immigrantes confrontées à la maladie grave et à la mort: quelques réflexions quant à l’intervention en soins palliatifs à domicile

Pour les personnes immigrantes, surtout celles dont l’arrivée au Québec est récente, devenir gravement malade provoque une « double rencontre », rencontre avec la perspective de la mort, rencontre avec un système de soins et ce « en terre étrangère », loin du pays d’origine et des repères culturels habituels. Dans cet atelier, nous proposerons des réflexions quant aux défis, aux enjeux et aux obstacles – cliniques et éthiques – que posent la rencontre et l’accompagnement de ces personnes et leur famille aux intervenants en soins palliatifs à domicile.

Louis Lepage est psychologue au sein de l’équipe de soins palliatifs (soins à domicile) au CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal et en bureau privé. Il été auparavant psychologue en oncologie et soins palliatifs dans un centre hospitalier.

LESTAGE Françoise, Au-delà de l’opposition Immigration/Emigration : la multiple présence des migrants défunts
Centre d’études mexicaines et centraméricaines (CEMCA), UMIFRE 16 du CNRS et du Ministère des Relations étrangères, France (Mexique)
Au-delà de l’opposition Immigration/Emigration : la multiple présence des migrants défunts

À partir du traitement des restes humains et des pratiques qui les entourent dans des situations de migration, il s’agira d’interroger l’opposition habituelle entre immigration et émigration qui entraîne des points de vue et des questionnements différents. La « double absence » évoquée par A. Sayad est-elle encore valide quand il s’agit de parler de la mort des migrants ? Ne peut-on pas évoquer plutôt une présence multipliée et multiple qui effacerait certains découpages habituels dans les études sur les migrations?

Françoise Lestage fait partie du collectif porteur de ce projet Connexion et a déjà participé aux séances de travail pour construire la thématique du Symposium. Elle présentera lors du Symposium et participera à la séance de travail qui fondera les premiers jalons d’un réseau international de chercheurs sur les mobilités et la mort. Elle est directrice du Centre d’études mexicaines et centraméricaines (CEMCA) à Mexico (UMIFRE 16, du CNRS et du Ministère des relations étrangères, France). Elle a publié de nombreux ouvrages sur les transferts des migrants défunts et les stratégies de réappropriations post-mortem de ces derniers au Mexique. Elle fait partie des pionnières qui ont commencé à documenter et rassembler les écrits des différents auteurs qui travaillent sur la mort en contexte migratoire (numéro spécial de la Revue Européenne des Migrations internationales).

MARIN Isabelle, Lieu de vie, lieu de soin, lieu de mort. Comment accompagner le malade issu de la migration ?
Hôpital Delafontaine de Saint-Denis, Équipe mobile de soins palliatifs (France)
Lieu de vie, lieu de soin, lieu de mort. Comment accompagner le malade issu de la migration ?

Les malades venus d’ailleurs, confrontés à la maladie grave sont confrontés à des choix douloureux et toujours perdants : se faire soigner en France au prix de combats kafkaïens s’ils n’ont pas de couverture sociale et mourir seuls à l’hôpital ou repartir dans le pays d’origine entourés des siens mais sans soins. Le travail de l’équipe mobile de soins palliatifs cherche à faire respecter le projet de vie du malade jusqu’à la mort en faisant adapter les soins nécessaires et en interrogeant tous les implicites du médical. Cela conduit à repenser les objectifs des soins souvent très éloignés des objectifs des malades et les a priori des soignants. Ce décentrement est une véritable pédagogie pour toute prise en charge que les malades soient autochtones ou étrangers.

Isabelle Marin a suivi un double cursus en médecine et en philosophie, puis est devenue pneumologue et cancérologue. Dans les années 1980, elle s’est tournée vers les soins palliatifs et vers l’accompagnement en fin de vie de patients, domaine dans lequel elle figure comme pionnière en France. Elle est rattachée à l’hôpital Saint-Denis, dans la banlieue Nord de Paris, qui accueille une population de grande diversité culturelle. Elle est ainsi confrontée dans son quotidien à nombre de patients dont la projection de fin vie est souhaitée en terre d’origine et elle tend à construire un dialogue entre médecin, soignants et malades au-delà des différences sociales, religieuses et culturelles. Son approche très collée aux réalités du terrain saura donc alimenter les échanges du symposium en termes de pratiques et d’éthique des services de santé et des services sociaux face à la mort des migrants.

MONTGOMERY Catherine, « Aujourd’hui, je me sens loin » : le rôle des technologies de la communication dans le soutien aux personnes migrantes endeuillées
Université du Québec à Montréal, Communication sociale et publique (Canada)
« Aujourd’hui, je me sens loin » : le rôle des technologies de la communication dans le soutien aux personnes migrantes endeuillées

Si les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) font maintenant partie de l’univers quotidien des migrants, leur utilisation est particulièrement forte lors d’événements familiaux significatifs, comme le deuil. Lors de notre présentation, nous analyserons le rôle des TIC dans le soutien aux personnes migrantes endeuillées à partir de deux sources de données complémentaires : des entretiens menés auprès de personnes endeuillées et des conversations-web tirées d’un forum d’échange sur l’immigration.

Catherine Montgomery est co-candidate dans ce projet Connexion et l’était également dans le projet CRSH sur le deuil (CRSH 2013-2016). Son intérêt de recherche s’est avéré très présent et très actif dans le domaine de la communication interculturelle et les situations d’intervention avec les immigrants. Aussi, elle étudie comment les multiples configurations de la mobilité (thématique de son prochain ouvrage à paraître aux PUQ) engendrent des enjeux interculturels qui marquent les rencontres : les questionnements identitaires, les stratégies communicationnelles, et les représentations de l’altérité. Son ancrage en communication apportera un éclairage sur la place des technologies de la communication dans l’événement de la mort en contexte migratoire. Elle participera activement à la séance de travail pour la création d’un réseau international de chercheurs sur les mobilités et la mort.

MORERAS Jordi, Revendiquer le corps ou la place? La question de la mort dans la communauté marocaine en Espagne
University of Rovira i Virgili, Social Anthropology and Philosophy (Espagne)
Revendiquer le corps ou la place? La question de la mort dans la communauté marocaine en Espagne

La grande majorité des Marocains morts en Espagne (plus de 90%) sont rapatriés dans leur pays d’origine. La survie de ce rapatriement, qui peut être reconstruit historiquement au cours des trois dernières décennies, est la preuve que ces groupes consacrent beaucoup plus d’efforts pour mener à bien cet exercice dans le cadre de la reconstruction généalogique, de ne pas réclamer des espaces funéraires dans les cimetières locaux. Cette orientation différente sur ces deux options montre que jusqu’ici, la reconstruction de la généalogie avec le lieu d’origine semble être plus forte que la construction d’une identité liée à la société espagnole.

Jordi Moreras fait partie du collectif international porteur de ce projet Connexion et a été aussi très actif dans la construction de la thématique du Symposium. Il participera à la séance de travail pour la création du réseau international de chercheurs sur les mobilités et la mort. Professeur et chercheur, il s’intéresse depuis plusieurs années au défi de la mort en contexte post-migratoire particulièrement pour les immigrants marocains installés en Espagne. Ainsi, il a co-publié avec Sol Tarrès un guide, Guía para la gestión de la diversidad religiosa en cementerios y servicios funerarios (Madrid : Observatorio del Pluralismo Religioso en España) et, en 2014, avec A. Sole Arraras, une étude ethnologique intitulée Espais de mort i diversitat religiosa. Moreras et Sol Arraras apporteront donc les multiples réflexions liées à leur collaboration de travail.

N’DRI Paul Konan, Vivre un deuil en contexte d’invisibilité sociale : Quelles issues de secours pour les réfugiés et les sans-papiers en Suisse ? Défis légaux et enjeux théoriques
Haute École de travail social et de santé (Suisse)
Vivre un deuil en contexte d’invisibilité sociale : Quelles issues de secours pour les “réfugiés” et les “sans-papiers” en Suisse ? Défis légaux et enjeux théoriques

Alors que les questions entourant la mort et les pratiques funéraires dans différents groupes de migrants, suscitent de plus de plus d’intérêt au sein des sciences humaines, peu de données empiriques existent à notre connaissance sur le vécu du deuil chez les migrants sans titre de séjour dans le pays de résidence (les « sans-papiers ») ou avec un titre très restrictif (les « réfugiés »). L’objet de cette communication est de présenter les défis légaux et les enjeux théoriques liés au vécu du deuil chez ces deux groupes de migrants, dans un contexte social marqué par une certaine hostilité à leur présence, tendant à les rendre socialement « invisibles ».

Paul Konan N’Dri est Suisse d’origine ivoirienne (Côte d’Ivoire). Docteur en psychologie sociale et titulaire d’un Master en travail social (Suisse). Il a occupé des postes d’assistant de recherche et d’enseignement et depuis septembre 2016, il est professeur associé à la Haute École de travail social et de santé. Champs d’enseignement et de recherche: protection de l’adulte, santé mentale et migration.

RACHÉDI Lilyane, « Quand la mort frappe l’immigrant : principes et outils d’accompagnement pour les praticiens ».
Université du Québec à Montréal, École de travail social (Canada)
« Quand la mort frappe l’immigrant : principes et outils d’accompagnement pour les praticiens ».

Cette communication présentera d’abord les principaux résultats d’une recherche qualitative sur le deuil des immigrants au Québec (Rachédi et collab. CRSH 2013-2016). Ensuite, trois outils inspirés de ces résultats et de la recension des écrits seront développés (une vidéo, un guide et des fiches synthèses). L’objectif est de soutenir les possibilités pour rendre disponible les savoirs et améliorer ainsi les savoir-faire des praticiens. Enfin, nous démontrerons ainsi que ces outils pédagogiques peuvent servir de médium interculturel pour informer et former les praticiens des mythes et réalités de la mort et du deuil en contexte migratoire.

Lilyane Rachédi est professeure à l’école de travail social de l’UQAM. Elle est titulaire d’un doctorat en sciences humaines appliquées de l’université de Montréal. Ses intérêts de recherche portent sur les familles immigrantes et les processus d’intégration; la réussite scolaire des jeunes immigrants et l’intervention interculturelle. Elle s’intéresse particulièrement aux enjeux liés à la diversité. Elle est la chercheure principale de la de de la recherche CRSH sur le deuil des personnes immigrantes au Québec (Rachédi, L.; Montgomery, C.; Le Gall, J; Mongeau,S.; Boisvert, M. et Vatz-Laaroussi, M. CRSH 2013-2016) et initiatrice avec d’autres (Montgomery, C.; Le Gall, J; Lestage, F.; Moreras, J.; Sole Arraras, A.) de ce symposium Mobilités et morts.

ROSALES ARGONZA Mariza, La fête des morts au delà des frontières, visions du Mictlán dans l’art chicano
Artiste visuelle et chercheuse indépendante
La fête des morts au delà des frontières, visions du Mictlán dans l’art chicano

L’intention de cette participation est d’analyser les enjeux de La Fête des morts ou Dia de muertos, un des rites funéraires du Mexique porteur d’une forte charge symbolique métisse. D’origine mésoaméricaine, de nos jours, cette pratique culturelle syncrétique est porteuse d’une riche esthétique identitaire qui est présente dans l’imaginaire de la communauté latino-québécoise. L’exemple du mouvement culturel chicano qui déconstruit cette cérémonie et recrée un dispositif de spiritualité qui offre un sens d’appartenance latino-américain transnational. La fête des Morts, d’après la culture chicana, est désormais un outil qui détourne les significations traditionnelles pour proposer un imaginaire ludique qui désarticule l’histoire coloniale, le racisme, les dynamiques asymétriques de pouvoir, l’expérience de l’immigration et le machisme. Les artistes chicanos et latino-québécois créent des visions d’un monde dynamique qui rend compte de la complexité des cultures en diaspora qui témoignent des nouvelles façons de vivre le deuil et de comment les manières de commémoration se sont modifiées.

Artiste visuelle et chercheuse indépendante, diplômée de l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM), Mariza Rosales possède une maîtrise en histoire de l’art et un doctorat en art moderne et contemporain du Centro de Cultura « Casa Lamm ». Elle a enseigné aux programmes universitaires au Tecnológico de Monterrey et à Casa Lamm. Mariza Rosales s’intéresse surtout aux interactions des artistes immigrés latinos aux États-Unis et au Canada. Elle a poursuivi un stage postdoctoral à l’UQAM portant sur les artistes d’origine latino-américaine au Québec et a été en charge de la coordination scientifique du Centre interuniversitaire d’études sur les lettres, les arts et les traditions (CÉLAT) à l’UQAM de 2012 à 2015. Mariza Rosales a organisé et a participé à plusieurs colloques et évènements tels que La Fête des Morts à Montréal.

SARAIVA Clara, Le lieu de la « bonne mort » pour les migrants guinéens au Portugal. La gestion transnationale de la mort
Universidade de Lisboa, Centre for Comparative Studies (Portugal)
Le lieu de la « bonne mort » pour les migrants guinéens au Portugal. La gestion transnationale de la mort

Dans cette communication, nous montrons que la mort est une bonne métaphore pour penser la production des lieux et des espaces d’appartenance dans des contextes transnationaux. La mort implique la circulation d’univers symboliques, dans lesquels la notion de processus est fondamentale, en particulier dans le maintien de la relation avec le lieu d’origine. Ces arguments sont explorés à travers de plusieurs études de cas des migrants en provenance de Guinée-Bissau au Portugal.

Clara Saraiva est chercheure senior au Centre for Comparative Studies de l’Universidade de Lisboa, au Portugal. Elle a été professeure invitée à l’University of California Berkeley en 2013 et est actuellement Vice-présidente de la Society for International Ethnology and Folklore (SIEF), Présidente de l’Association of Portuguese Anthropology (APA). Ses principaux champs de recherche sont en rapport avec la religion et les pratiques rituelles et, centrés sur les conceptions et pratiques autour de la mort en Guinée Bissau où∙ elle a mené sa recherche doctorale, terminée en 1999. Sa plus récente publication, en 2015, est un chapitre co-récrit avec Jose Mapril, intitulé “Scenarios of death in contexts of mobility: Guineans and Bangladeshi in Lisbon” paru dans The Carnival of Death, ouvrage dirigé par R. Vidal and M. J. Blanco chez Berhghan Books. Son expertise alimentera les réflexions autour de la mort et des rapports à l’espace et aux territoires.

SARENAC Javorka Zivanovic, Un projet Info-décès - Sherbrooke
Université de Sherbrooke et Coopérative Funéraire de l’Estrie, Services aux communautés culturelles (Canada)
Un projet Info-décès – Sherbrooke

Les Néo-Sherbrookois confrontés à une maladie en phase terminale ou à un décès à Sherbrooke, ville québécoise en région reconnue pour sa diversité culturelle, a été créé en 2012 un Comité de partenariat entre différents services et organismes concernés par la question des vécus et des besoins des communautés culturelles lors d’un décès. A été élaboré un projet dont cette communication abordera les trois volets. Le premier volet, destiné à la société d’accueil, a consisté en une série des conférences sur les rites funéraires pratiqués dans les pays d’origine des personnes migrantes accueillies. Le deuxième volet, destiné aux communautés culturelles, a pris la forme d’ateliers qui ont permis de développer une « trousse d’information » qui répond à leurs besoins. Le troisième volet, destiné aux professionnels de la santé, a conduit à la rédaction d’un Guide d’information et d’aide à l’intervention du personnel travaillant auprès des communautés culturelles confrontées à une maladie grave, terminale ou à un décès. Finalement, des perspectives seront ouvertes.

Javorka Zivanovic Sarenac a complété ses études en Sociologie à l’Université Bishop’s en 2009 et sa maîtrise en service social à l’Université de Sherbrooke en 2013. Elle est une intervenante et professionnelle de recherche, ainsi que chargée de cours à l’Université de Sherbrooke. Depuis maintenant quatre ans, elle travaille sur le projet Les Néo-Sherbrookois confrontés à une maladie en phase terminale ou à un décès au SANC (Service d’aide aux Néo-Canadiens en collaboration avec le CIUSSS et La Coopérative funéraire de l’Estrie). Ses champs d’intérêts portent sur l’accompagnement de la personne immigrante en fin de vie, l’accompagnement de la famille immigrante endeuillée ainsi que l’intervention auprès des personnes âgées immigrantes. Elle saura partager un projet novateur sur ces sujets en clôture du symposium.

SOLÉ ARRARAS Ariadna, “Transnational funerary rituals between Catalonia (Spain) and Kolda (Senegal)”
Universitat de Barcelona, Antropologia Social (Espagne)
“Transnational funerary rituals between Catalonia (Spain) and Kolda (Senegal)”

Since the early 2000’s, Spain and particularly Catalonia, has become a popular destination for migrants coming from Kolda, a Senegalese region inhabited mostly by Muslim Fulani people. In case of an eventual death in Catalonia, most of these migrants are repatriated. Repatriation is well organized by the migrant community and has to be considered as part of the funerary ritual itself and a mechanism for reinforcing migrant communities based both on religious identity and a common origin.

Ariadna Solé Arraras est professeure associée au Département d’Anthropologie Sociale de l’Université de Barcelona, en Espagne. Elle s’intéresse depuis de nombreuses années aux pratiques rituelles transnationales concernant les musulmans. Elle fait actuellement partie du collectif international porteur de ce projet Connexion et a déjà participé activement à l’élaboration de la thématique du Symposium. Elle fera une communication sur les liens entre une région du Sénégal et l’Espagne au moment d’un décès. Elle a notamment publié, en 2014, « Ritos funerarios islámicos trasnacionales entre Catalunya y Kolda (Senegal) ». Elle participera également à la séance de travail pour l’ébauche d’un réseau international de chercheurs sur les mobilités et la mort.

STOESSLÉ Philippe, L’expérience du deuil chez les transmigrants centraméricains au Mexique
Universidad de Monterrey (Mexique)
L’expérience du deuil chez les transmigrants centraméricains au Mexique

La mort et le deuil constituent des éléments inhérents à l’expérience migratoire des Centraméricains qui traversent le Mexique, en raison de l’abandon de leur pays d’origine et de l’exceptionnelle vulnérabilité sociale qui limite leurs forces et leurs stratégies de résilience. Cependant, les personnes migrantes vivent cette souffrance de manières très différentes, en fonction de divers facteurs individuels (profil sociodémographique, expérience migratoire, religiosité) et collectifs (origine familiale, appartenance à une communauté socioculturelle).

Philippe Stoesslé est diplômé d’un Master en Géopolitique et Relations Internationales de l’Institut d’Études Politiques de Toulouse, et poursuit actuellement son doctorat sous la direction de Françoise Lestage, tout en étant professeur à l’Universidad de Monterrey. Il s’est particulièrement intéressé au processus migratoire des Centraméricains qui veulent atteindre les États-Unis. Il apportera ainsi une vision géopolitique du phénomène et une sensibilité aux questions de santé et à la confrontation avec la mort que peuvent souvent vivent ces migrants. Son apport sera donc très apprécié dans le cadre des réflexions autour de la pluridisciplinarité nécessaire pour mieux saisir l’imaginaire et les représentations des morts en fonction des cultures.

TARRÉS Sol, « Où∙ enterrerons-nous Mohamed ? » Gestion funéraire et diversité culturelle en Espagne
Universidad de Huelva (Espagne)
« Où enterrerons-nous Mohamed ? » Gestion funéraire et diversité culturelle en Espagne

La diversité culturelle et religieuse associée aux flux migratoires internationaux entraîne l’apparition de nouveaux besoins dans la population. Ainsi transparaissent le désir de réaliser les pratiques funéraires en accord avec des prescriptions religieuses variées ainsi que la revendication d’espaces de sépulture adéquats avec cette diversité. Dans cette contribution, j’analyserai les pratiques de plusieurs communautés religieuses et leur rapport avec les institutions municipales.

Sol Tarrés est professeure d’anthropologie à l’Université de Huelva. Elle fait partie du groupe de recherche « Mondialisation et identité » qui étudie, entre autres thèmes, le pluralisme religieux et la diversité culturelle dans un monde globalisé. Elle collabore également de longue date avec le professeur Jordi Moreras, de l’Universidad Rovira i Virigli de Tarragona. Son expertise sur l’islam en Espagne l’a conduite à organiser maints événements pour favoriser un dialogue des différents chercheurs en la matière. Elle s’intéresse particulièrement depuis de nombreuses années aux pratiques funéraires des musulmans en Espagne, mais également d’autres communautés culturelles. Sa contribution sera très pertinente pour alimenter les réflexions autour de la police des funérailles et des cimetières.