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    Qui sommes-nous ?


    Le réseau MECMI regroupe des expertises de chercheurs et de praticiens encore cloisonnés, et met en œuvre des recherches permettant de développer un regard croisé sur les différentes façons de concevoir, de traiter et de gérer la mort en contexte migratoire.
    Ce réseau a pour objectif de documenter et d’interroger les dimensions matérielles, juridiques, institutionnelles, associatives, familiales, morales et émotionnelles de la mort en migration. Cela suppose d’intégrer pleinement la mort dans le phénomène migratoire, à la fois comme réalité et comme potentialité aux effets multiples.
    C’est aussi à partir d’un regard croisé de plusieurs disciplines, d’univers de pratiques et d’aires culturelles différentes sur cette problématique que la programmation s’inscrit autour de trois axes :
    1. Gestion des morts;
    2. Imaginaires de la mort;
    3. Accompagnement des mourants et des endeuillés.
    Si tous les noyaux thématiques sont traversés par les dimensions juridiques, institutionnelles, symboliques, morales et émotionnelles, il s’agit à chaque fois d’insister sur une dimension particulière du rapport qu’entretiennent les migrant.e.s à la mort – que ce soit la leur ou celle des proches – et qu’elle se produise dans la société d’accueil (ici, en terre d’immigration) ou à distance (ailleurs, dans le monde ou en terre d’émigration). Il s’agit enfin de faire ressortir les singularités et les différences des divers contextes nationaux.

    (1) Gestion des morts
    Ce noyau thématique s’attache à étudier la mobilité des morts (Esquerre et Truc, 2011), en suivant la trajectoire spatiale des corps (sous forme physique mais aussi symbolique), qu’ils restent au pays d’accueil ou qu’ils voyagent vers le pays d’origine (Lestage, 2008) ou ailleurs. En suivant l’itinéraire des défunts, il s’agit d’examiner les rôles, les motivations et les pratiques de l’ensemble des acteurs qui interviennent dans le traitement matériel et symbolique des morts. S’intéresser à la prise en charge des défunts implique ainsi d’interroger tout autant la gestion des espaces funéraires et les politiques des lieux de mémoire, que les tentatives d’identification des corps des migrant.e.s « inconnus » qui décèdent aux frontières. La portée politique et symbolique de la mobilité du cadavre constitue une dimension clé de ce noyau ; la législation funéraire internationale avec sa multitude de règlements administratifs et juridiques permettant d’éviter un “nomadisme” mortuaire transfrontière (Chaïb, 2003; Chaïb, 2006).

    (2) Imaginaires de la mort
    Il s’agit ici de recueillir et d’analyser des récits sur le rapport des migrant.e.s à la mort au cours de leur migration – qu’il s’agisse de prévoir leur décès dans le pays d’accueil (en raison d’une maladie grave ou de la vieillesse) ou de penser à l’éventualité de la mort au cours de la traversée des frontières. S’intéresser aux imaginaires – pensés ici comme des horizons flous qui accompagnent l’expérience (Crapanzano, 2004) – invite à explorer les désirs qu’ils déclenchent et les craintes qu’ils peuvent susciter, engageant ainsi une enquête centrée sur les subjectivités. Réfléchir à la possibilité de la mort implique de s’attarder sur la dimension temporelle qui se dégage dans les projets des migrant.e.s. Le projet permet de saisir le phénomène migratoire, dans la lignée de (Sayad, 1999), en termes non seulement de mobilité spatiale, mais aussi de mobilité temporelle. Il s’agit ainsi d’articuler les représentations de la mort avec les conceptions de destin et les croyances religieuses des migrant.e.s, en les reliant avec les aspects générationnels et de genre. Il s’agira finalement d’interroger les contours que prend la mort lorsque les récits rendent compte de l’expérience d’une maladie grave, en examinant notamment les enjeux moraux et les questionnements éthiques que cette dernière peut susciter.

    (3) L’accompagnement des mourants et des endeuillés
    Il s’agit ici de mettre la focale sur le travail d’accompagnement de migrant.e.s en fin de vie et de familles et de proches de migrant.e.s décédé.e.s. Qu’il s’agisse de services publics ou privés, d’associations d’aide aux migrant.e.s ou d’accompagnement de malades, plusieurs institutions et acteurs (ici et ailleurs) se mobilisent afin d’apporter un soutien – matériel, psychologique, social – aux migrant.e.s mourant.e.s et à leurs familles (Sarenac, 2013). Les différents opérateurs funéraires considérés comme des acteurs sont également intégrés dans la trajectoire du mourir du/de la migrant.e. Il s’agit aussi de concevoir l’accompagnement des endeuillés, non seulement sur le plan de l’expérience, mais aussi autour des savoirs et pratiques développés, transmis et transformés au sein des réseaux de proximité et réseaux transnationaux (au pays d’origine et ailleurs) pour soutenir les endeuillés. Ce noyau thématique examine leurs pratiques quotidiennes formelles et informelles en s’intéressant à la diversité des sens de ces pratiques, aux représentations de la mort qu’elles véhiculent, à la nature et la forme des liens établis avec les migrant.e.s et leurs familles.

    L’équipe des chercheurs  du réseau Mort en contexte de migration (MECMI) comprend:
    – Pour le Québec : Lilyane Rachédi, Catherine Montgomery, Josiane Le Gall
    – Pour la France : Carolina Kobelinsky, Gregory Delplace, Nicolas Lambert, Françoise Lestage
    – Antenne Espagnole : Jordi Moreras, Ariadna Sol Arraras